Le projet pédagogique des Piousous

Accueillir l'enfant et ses parents

  • Entrée en crèche
  • Adaptation…?
  • En douceur, étape par étape…
  • Accueillir l’ enfant...
  • Puis vient le temps des retrouvailles
  • Le carnet de vie

Les choix des Piousous

  • L'écologie
  • La pédagogie d'Emmi Pickler
  • L'eveil culturel et artistique

Accueillir l’enfant et ses parents

Entrée en crèche

Outre les démarches administratives que demande toute inscription en structure collective, l’entrée en crèche doit s’inscrire dans une démarche d’approche et de découverte progressive du nouvel environnement dans lequel l’enfant va être ammené à passer une bonne partie de son temps. L’équipe doit, en parallèle, apprendre à connaître l’enfant pour le respecter dans sa personnalité et sa spécificité.

Un temps important de dialogue est prévu entre les parents et la directrice qui recueille par écrit les informations relatives aux habitudes de l’enfant et à ses besoins (alimentaires ou en terme de sommeil par exemple), indispensables à l’accueil de l’enfant au quotidien.

Aux Piousous, la préparation et l’ accompagnement des parents et de l’enfant au moment de l’entrée en crèche sont jugés primordiaux. En effet, il sera essentiel pour l’enfant de se sentir bien au sein de la structure, mais il sera tout aussi important que l’adulte vive bien ce moment où il va devoir laisser son enfant.
Cette étape peut parfois être vécue difficilement par le(s) parent(s), l’adaptation du tout-petit à la crèche peut s’avérer alors délicate.
C’est pourquoi une adaptation lente et progressive dans le respect du rythme des parents comme de leur enfant est proposée et jugée indispensable au moment de l’intégration de la structure.

Adaptation…?

L’adaptation, c’est ce qui permet de se donner du temps, de nouer la relation, d’accueillir le nouvel enfant et ses habitudes ….

Elle permet aux parents de se rassurer sur la compétence des personnes à qui ils vont confier leur enfant, et sur le choix du lieu qu’ils ont fait. Les parents, après le premier contact avec la directrice, font connaissance avec le personnel de la structure.
Ils apprennent peu à peu à "vivre" la structure “de l'intérieur”. Cette phase d'adaptation permet aussi aux parents de déposer leurs angoisses, et d’y trouver une part des réponses. Elle permet à l’enfant de prendre des repères, d’établir des rituels, de connaitre les personnes qui vont s’occuper de lui dans la journée.

Enfin, c'est également le moment où l’équipe se prépare à accueillir ce nouvel enfant, à lui donner une place à part entière, à le présenter aux autres enfants. Chaque membre du personnel a pris connaissance, avant la première venue d’un enfant, des informations fournies par les parents lors de l’inscription.

En douceur, étape par étape…

Si l’adaptation se passe en douceur, elle sera bénéfique pour tous. La durée de l'adaptation est très différente d'un enfant à l'autre, et sera évaluée au cas par cas, avec le(s) parent(s) et l’équipe de la crèche.

Il est demandé dans un premier temps de rester avec l'enfant. Ceci peut durer tant que le parent en ressent la nécessité. L'équipe est aussi présente pour aider le parent à se détacher. Après discussion entre les membres de l’équipe, une professionnelle se rend disponible pour ce moment là, auprès du parent et de son enfant. Elle note, pour l’équipe, ce qui a pu être dit par le parent, et ce qu’elle a pu observer. Le professionnel est là pour établir le dialogue, non pour questionner le parent, et ne doit jamais se montrer intrusif. Chaque membre de l'équipe respecte la distance aussi vis à vis de l’enfant. Ainsi par exemple, elle ne prendra pas l’enfant des bras de la mère, mais attendra que celle ci lui propose. Mais elle s’intéresse à l’enfant en lui parlant, en l’inscrivant dans sa future place.

L'enfant s'habitue ainsi au lieu, au personnel, au groupe d'enfants, aux rythmes qui structurent la vie de la crèche, etc...

Ensuite, l’enfant est laissé une première fois seul, et ce, pendant un temps très court: pas plus d’1 heure : mais la liberté est laissée aux parents de prendre plus de temps pour l’adaptation en ne le laissant d’abord qu’1/4h une ou plusieurs fois, par exemple, puis ½ h et ainsi de suite …

Si l’enfant est prêt, il peut ensuite rester deux heures sans la présence de ses parents, puis une demi-journée, puis une journée…

Selon si l’enfant doit ensuite venir en journée entière ou non, avec ou sans sieste, les étapes de l’adaptation se succéderont ainsi:

  • ½ journée avec une sieste
  • ½ journée avec un repas (ou biberon)
  • 1 journée entière

A chaque étape de l’adaptation, la liberté est laissée au parent d’étaler plus progressivement la venue, en fonction du comportement de l’enfant.

Les membres de l'équipe pourront aussi demander aux parents de continuer un peu plus si l’enfant ne semble pas prêt.

Pour plus d’informations la lecture de certains passages du livre "Points forts" de T.B.BRAZELTON, sur la séparation est conseillée.

Aux Piousous, les professionnels conçoivent l’accueil des parents avant tout en ces termes :

  • Mettre en confiance
  • Rassurer
  • Etre à l’écoute

Lorsqu’un parent dépose son enfant à la crèche ou revient le chercher, l’intimité du parent dans la séparation ou les retrouvailles doit être respectée. Les professionnelles de l’équipe y veillent et les lieux sont étudiés pour le permettre.

Enfin, n’oublions pas que les parents sont reconnus comme les premiers éducateurs de leur enfant.

Accueillir l’enfant...

L’accueil de l’enfant est conçu avant tout dans le respect : respect de ses besoins, de ses habitudes, mais aussi de ses humeurs et de ses envies ou rythmes. Un tout-petit peut avoir besoin de pleurer, d’être porté pour être rassuré ou au contraire ne pas apprécier le contact des « bras » autre que ceux de sa maman. Il peut manifester l’envie de jouer en s’intégrant à un groupe ou peut préférer jouer seul. Il peut avoir besoin de garder son Doudou tout le temps près de lui. La liberté d’exprimer ses besoins est laissé au tout-petit, et ceux-ci doivent être respectés.

Puis vient le temps des retrouvailles

Après une séparation, viennent les retrouvailles ! C’est un temps tout aussi important. Par ses pleurs, ses rires, son indifférence.....l’enfant veut dire quelque chose . Souvent, ce qui s’est joué lors de la séparation se rejoue à ce moment là. Là encore, à chacun d’exprimer en toute liberté “sa” manière de retrouver son enfant . Chaque parent peut prendre le temps dont il a besoin avec son enfant à ce moment là. L’enfant, lors des retrouvailles, a aussi besoin d’un temps, de “recoller les morceaux”, pour faire la transition, et passer du ”lieu d’accueil” à la maison. Par exemple : il va reprendre Doudou et sucette, qu’il n’a pas réclamé de la journée. Pour lui, il s’agit de refaire du lien avec l’extérieur. Lorsque les retrouvailles sont conflictuelles, ou très difficiles, c’est que la question de la séparation n’est pas réglée. Il faudra reprendre du temps pour en rediscuter avec le parent.

L’arrivée du matin, tout comme les retrouvailles du soir sont un temps de transmissions entre les adultes : tout ce qu’on a besoin de savoir pour établir la continuité de prise en charge. Plus l’enfant est petit, plus il y aura d’informations.

Ces informations sont reccueillies tout au long de la journée dans le « carnet de vie » qui suit l’enfant au fur et à mesure des journées et des mois qui se succèdent au sein de l'établissement. Il faudra laisser la place à l’intimité de l’enfant, accepter son “jardin secret” et ne pas le trahir. Pour cela, le « carnet de vie » sera petit à petit abandonné : de moins en moins de choses y seront notées.

Le carnet de vie

Le carnet de vie porte la trace écrite du quotidien du jeune enfant. Il permet aussi aux parents de noter ce qui parait important à transmettre.

Ceci ne supprime pas l’échange oral, mais permet de laisser une trace, qu’on pourra revenir consulter.

Les choix des Piousous

L'écologie

Aux Piousous, les membres du Conseil d’administration ont conscience de l’importance de la préservation de l’environnement.

Préserver l’environnement, c’est d’une certaine manière reconnaître le droit des nouvelles générations et des générations futures à disposer d’une planète « propre ». C’est parce qu'une crèche est un lieu d’accueil de ces nouvelles générations, qu’il semble normal de réfléchir aux questions d’écologie.

L’idée en est à ses prémices, mais un certain nombre d’humbles mesures ont été prises dans ce sens. Ainsi,dans un souci de préservation de l’environnement, en général, mais aussi pour offrir aux petits qui fréquentent la crèche l’atmosphère la plus saine possible, des produits ménagers et des lessives écologiques sont utilisés.

En outre, le tri sélectif a été mis en place dans un but de recyclage des déchets. Un effort particulier a été demandé au personnel de la crèche qui doit désormais intégrer cette démarche dans son organisation quotidienne.

La question du « bio » s’est par ailleurs imposée. Intégrer des aliments issus de l’agriculture biologique, c’est aussi œuvrer pour la préservation de l’environnement avec au passage un bénéfice certain pour la santé des enfants.

Les membres du Conseil d’administration en accord avec la directrice, ont décidé de proposer des goûters « bio » aux enfants de manière régulière. Les enfants découvrent et bénéficient ainsi d’une alimentation différente de celle qu’ils peuvent avoir et ce qui leur permet d’appréhender de nouveaux goûts et de nouvelles saveurs.

Des couches "écologiques" sont utilisées à la crèches.
 

La pédagogie d’Emmi Pikler

Pédiatre et Orthopédiste Hongroise, Emmi Pikler a apporté une contribution très importante dans les connaissances sur le développement moteur du très jeune enfant. Elle estimait que l'enfant qui suit son rythme propre et fait ses propres expériences est capable de s'asseoir, se mettre debout, marcher, jouer, parler, réfléchir, etc. seul, sans « apprentissage » ; Il a dès la naissance ces capacités là en lui, qui ne demandent qu’à se développer, pour peu qu’on lui permette de les expérimenter, dans un cadre sécurisant. Après avoir fait elle-même cette expérience auprès de son propre enfant, elle fut confortée dans son idée et décida de prodiguer ses conseils aux parents qu’elle recevait en consultation. Elle les aida à avoir confiance dans la capacité de développement de leur enfant. Point n'est besoin d'apprendre au bébé à se retourner, à ramper, se tenir debout, marcher, toucher, saisir, lâcher un objet, etc. Tout cela, le bébé est capable de le faire, de lui-même, au fur et à mesure de ses expositions aux possibilités nouvelles apportées de jour en jour par son développement sensori-moteur. Elle suggère donc de renoncer aux « dispositifs » contraignants type « Youpala, ou « hamac sauteur », qui, loin d’apporter un intérêt pour l’enfant, ont au contraire des effets très négatifs.
De même, inutile de s’esquinter le dos à « faire marcher un enfant en le tenant par les deux mains »... ! Un enfant qui a su passer par les positions indispensables de développement moteur : tourner, rouler, ramper, déplacement, se mettre debout... un jour, se lâchera et marchera ! Quelle victoire alors, intérieure, inscrite à tout jamais dans son psychisme : « j’y suis arrivé! ».
La contribution majeure d'Emmi Pikler concerne le rôle essentiel que l'activité spontanée du bébé joue dans son développement psychique. Le bébé ne poursuit pas un but, il va à l'aventure, découvre à tâtons, reproduit, maîtrise chaque acquisition au fur et à mesure de la poursuite de son chemin. On le voit capable à cet égard de faire de grands efforts et de ténacité, mais capable aussi de se reposer, parfois de regarder ailleurs, puis retourner à sa tâche. Emmi Pikler montre l'importance de respecter toutes les manifestations spontanées du bébé, et de les encourager par une présence de l’adulte « soutenante » psychiquement dans ces expériences, valorisante. Il importe de ne pas le contrarier en faisant intrusion, en exposant par exemple le bébé à des postures qu'il n'a pas encore découvertes et qu'il n'est pas encore prêt à adopter, lui enlevant la joie de découvrir par lui-même et la confiance en ses propres capacités.

Certaines conditions sont nécessaires :

  • Avoir assez de place pour bouger, et en même temps, cet espace doit s’agrandir au fur et à mesure que l’enfant grandit. Un tout petit mis dans un espace trop grand serait insécurisé.
  • Des vêtements qui ne le gênent pas dans ce qu’il va essayer de faire.
  • Un sol ferme car il va pouvoir sentir tous les appuis de son corps et favoriser les mouvements.
  • Des jouets en nombre suffisant, variés et adaptés aux capacités et intérêts de son âge. Mais pas trop non plus, sous peine de le submerger au point de ne plus voir. On sait combien une bassine, des pinces à linges, des caoutchoucs de bocaux, sont souvent bien plus propices à expérimentation que le plus clinquant des jouets trop dur à manipuler. On recherchera toujours, pour le tout petit, un jouet qui soit facilement préhensible, par sa toute petite main et sa préhension maladroite, pour peu à peu évoluer, en fonction là encore de son développement.
     

Cette maîtrise de leur motricité se répercute sur le développement de toute la personnalité de ces enfants et influence leur développement psychique : ils acquièrent l'assurance dans leur corps ainsi que la prudence et apprennent à réagir avec adresse aux incidents inattendus et chutes qui peuvent accompagner leurs jeux.

Ces mouvements participent à la construction d'une sécurité intérieure et d'une conscience de leur propre valeur, de leur compétence. Ils découvrent le plaisir de l'activité riche, autonome, et éprouvent un sentiment de réussite. Tout ce qui les mènera à la « Confiance en Soi ».
Ce développement de l'activité autonome des enfants ne signifie nullement l'indifférence des adultes. Les adultes sont attentifs aux progrès des enfants et y participent, non seulement  en organisant régulièrement un environnement approprié aux besoins de développement de chaque âge et en recherchant les conditions de cette activité autonome, mais aussi, l’adulte est là, très présent, aux côtés de l’enfant, à ce qui est en train de se passer pour l’enfant et à l’encourager de la voix.
C’est une attitude générale qui consiste à respecter l'enfant, à le considérer comme une personne capable d'initiative et de décision pour ce qui le concerne lui seul : son corps.
Aux Piousous, nous avons fait le choix de nous inspirer de cette pédagogie au quotidien.

 

L'éveil culturel et artistique


Pourquoi ?

L’idée n’est pas de faire des enfants des artistes en herbe et encore moins de rechercher des talents, mais de développer leur potentiel existant, par une ouverture, en proposant un maximum d’éventails afin que chaque enfant puisse ensuite trouver sa propre voie de creativité qui les aidera à s’exprimer. Par ce biais là, nous réveillons aussi le potentiel créatif, artistique de l’adulte. Grâce à cet éveil, l’enfant nourrit sa sensibilité et alimente son imaginaire. Winnicott disait que "toutes les pratiques culturelles et artistiques sont des créations humaines pour interpréter le monde ou imaginer des réponses à des sensations". Les pratiques d’éveil culturel et artistique participent au développement affectif et social de l’enfant et enrichissent les relations qu’il partage avec les adultes qui l’entourent autour d’un moment de plaisir et d’émotions. Confronter les enfants « à l’art » c’est les inviter à comprendre le monde et prévenir l’exclusion.
Aux Piousous nous proposons régulièrement aux enfants par le biais d’ateliers l’exploration de leur différents sens, au quotidien : la peinture, le livre, la musique, le chant, les marionnettes...

De plus, des temps spécifiques, ponctuels, sont proposés pour aller encore plus loin dans ces découvertes :
-    Des séances de lecture mensuelle ouvertes aux parents :  "Tapatoulu" :  l’occasion d’un moment de partage avec les familles et d’échange autour d’albums de qualité.
-    Nous nous rendons aussi fréquemment à la bibliothèque.
-    Participation active au "Printemps des Poètes", national
-    La voix, instrument indispensable, est mise à l’honneur lors d’un  ateliers hebdomadaire comptines et chants avec les dames du Centre d’ Accueil pour Demandeurs d’Asiles qui nous font découvrir des sonorités nouvelles.
-    Un atelier Art plastique et Yoga parents-enfants mensuel  s’inscrit dans ces mêmes objectifs : plaisir de découvrir et stimulation de l’imagination et de la créativité.

De plus, au cours de l’année, un  spectacle jeune public de qualité est proposé. Nous avons pu voir ainsi des spectacles de la Cie "A Tous Vents" de Florian ALLAIRE, de la "Cie du Ruisseau", de la "Cie La Balançoire", de la "Cie Sam Bataclan", etc ..